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Le burnout

Il y a quelques semaines, j’ai été interviewée par Camille Rimbo du blog inspire-moi un métier et par Michel Godart des podcasts hrmeetup podcasts sur mon expérience du burnout. Je vous invite à écouter mon témoignage disponible sur le lien suivant: burnout. En attendant, je vous en dis plus dans cet article sur la façon dont le burnout s’est déclaré et comment j’ai vécu cette période de ma vie. Dans un prochain article je vous raconterai tout ce que j’ai fait pour m’en sortir et les leçons que j’en ai tiréess. 

Le burnout : comment s’est-il déclaré?

Je ne me suis absolument pas rendue compte que j’avais un burnout. J’avais des malaises qui se sont répétés de manière très régulière sur plusieurs mois mais j’étais très loin de m’imaginer que c’était lié à un burnout. J’ai consulté plusieurs médecins et aucun n’a pu poser de diagnostic sur ce que j’avais. Les avis divergeaient : intolérance alimentaire, fatigue,… Au fil des mois ces malaises sont devenus de plus en plus douloureux et de plus en plus fréquents. Ils apparaissaient n’importe où et n’importe quand : au bureau, dans ma voiture, sur les bancs de l’église lors du mariage de mon beau-frère, chez moi, au restaurant…Bref, partout et de manière imprévisible. Et un jour, mon petit ami m’a conduite aux urgences…

J’ai passé plusieurs tests physiologiques pour les malaises et d’autres plus psychologiques pour le reste des symptômes. Le burnout a finalement été acté par les médecins qui m’avaient prise en charge depuis mon séjour aux urgences : le gastroentérologue, le neuropsychiatre et la psychologue.

Le burnout : les symptômes

Des symptômes du burnout, voici ceux que j’avais:

  • Insomnie
  • Troubles de la vision
  • Difficulté à me concentrer
  • Sueurs nocturnes
  • Oppressions dans la poitrine
  • Stress élevé
  • Angoisses 
  • Douleurs abdominales
  • Douleurs musculaires

…En plus des malaises quasi quotidiens. 

Le burnout : le déni

Lorsque le verdict est tombé, je n’ai pas voulu y croire. J’ai tenté d’expliquer au médecin que je n’étais pas malade, que j’avais des dossiers à traiter, des rendez-vous clients à honorer, une équipe à manager. Je ne pouvais pas avoir de burnout. D’ailleurs je ne savais pas ce qu’était un burnout…J’en avais entendu parler, vaguement, mais je ne m’étais jamais intéressée à la chose. Et je pouvais encore moins être en arrêt de travail car je n’avais pas de temps pour ça.

Constatant que mes arguments n’étaient pas recevables, j’ai tenté de faire comprendre au médecin que s’il voulait me mettre en arrêt de travail, il fallait d’abord que je planifie mon arrêt : que je répartisse mes dossiers à mon équipe, que je leur laisse des instructions à suivre pendant mon absence, que j’informe mes clients de mon absence, etc…Pour moi, je partais en arrêt de travail comme on part en vacances : on s’organise avant de mettre son out of office! 

Puis c’est lui qui m’a fait comprendre que l’arrêt de travail était non négociable et que si je ne respectais pas ses instructions, je risquais de développer quelque chose de plus grave et que si ça arrivait, il ne pourrait peut-être plus rien faire pour moi…C’est à ce moment que j’ai vraiment pris conscience que le burnout était bien réel et que l’arrêt de travail l’était aussi. Le monde s’est effondré autour de moi et j’ai fondu en larmes en pleine consultation.

Le pire est que je ne pleurais pas à cause du burnout ou de l’arrêt maladie. Non, pas du tout. Je pleurais parce qu’en me mettant en arrêt de travail on m’arrachait une partie de mon identité : mon travail, mon statut social. Qui étais-je sans mon travail? Comment pouvais-je être utile si je ne travaillais pas? Comment pouvais-je exister sans travailler? Qui étais-je sans mes étiquettes? Je passais du statut de manager dans un cabinet de conseil en fiscalité à…Caroline. Mon prénom, c’est tout ce qui me restait pour me définir. Et qui était Caroline? Excellente question. Je n’en avais pas la moindre idée…

Le burnout, un tsunami

Une fois de retour à la maison, j’ai mis du temps à accuser le coup : burnout, arrêt de travail, ça faisait beaucoup. J’avais l’impression qu’un tsunami m’avait emporté. Un peu comme quand vous tombez malade en vacances. Vous avez tellement tiré sur la corde les semaines avant votre départ pour tout boucler et partir tranquille qu’une fois en vacances, vous relâchez la pression et vous tombez malade. Pour moi c’était le cas sauf que j’avais retenu cette pression et j’avais tiré sur la corde pendant des années. Je n’arrivais plus à rien faire. Je n’arrivais pas à lire car je n’arrivais pas à me concentrer sur ce que je lisais. Je relisais vingt fois la même phrase sans comprendre un seul mot. Je ne pouvais plus regarder la télé car les images défilaient trop vite et me faisaient mal aux yeux. Ecouter de la musique n’était pas une option. J’étais devenue très sensible au bruit et la musique me cassait littéralement les oreilles.

Mon rendez-vous quotidien de mindfulness était mon pic d’activité de la journée. J’ai commencé à pratiquer la mindfulness non pas pour le burnout mais pour mes malaises. La mindfulness m’a aidé à calmer mon mental, à gérer la douleur lors de mes malaises et à ne pas ajouter d’angoisse à ceux-ci. Tout était devenu une épreuve : m’habiller, me faire à manger, aller faire mes courses. Tout me demandait de l’énergie et je n’en avais pas beaucoup. Tout m’épuisait. 

Les journées étaient longues, trop longues. Le temps passe lentement quand on ne fait rien. Ne rien faire m’angoissait. Je tournais en rond et en même temps à chaque fois que je tentais de faire quelque chose comme regarder un film, écouter de la musique, lire, méditer, je finissais par tout arrêter d’épuisement et je restais immobile des heures entières allongée sur mon canapé à fixer le plafond. J’étais épuisée mais je ne dormais pas beaucoup pour autant. 1 à 2 heures dans la journée maximum et quelques heures par nuit. C’était l’ironie de la situation : j’étais épuisée et en même temps j’étais maintenue éveillée. Cette phase a duré 3 mois environ. 

Par contre j’ai rarement pleuré pendant cette période. Contrairement à ce que certaines personnes disent, le burnout n’est pas une dépression. Je ne pleurais pas. Je n’avais pas de pensées noires ou négatives. J’étais juste épuisée physiquement et psychologiquement. Mon corps avait besoin de repos et mes malaises n’arrangeaient rien. En effet, ces malaises me prenaient également de l’énergie donc quand ils apparaissaient j’étais doublement épuisée. 

Le burnout : de la colère à la culpabilité

Au début j’en voulais à la Terre entière. Pourquoi moi? Pourquoi un burnout? Qu’avais-je fais pour mériter ça? J’en voulais à mon corps d’être faible et de m’avoir lâché. A l’époque j’avais cette croyance que les personnes malades étaient des personnes faibles. Et je n’acceptais pas l’idée d’être faible. J’étais forte. J’avais déjà traversé d’autres épreuves douloureuses dans ma vie et jamais je n’avais mis un genou à terre. Et là c’est mon corps entier qui était à terre et qui ne répondait plus de rien. Je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. 

Je ne voyais pas ma part de responsabilité dans cette situation. Le burnout m’était « tombé dessus » et mon corps m’avait lâchement abandonné. Cette situation était injuste. Au bout de 3 mois, j’ai pu me remettre à la lecture. Je lisais plus lentement qu’avant mais j’arrivais à nouveau à comprendre ce que je lisais. Et ce sont justement mes lectures sur le développement personnel qui m’ont fait prendre conscience que je m’étais en partie crée ce burnout. J’ai alors quitté la colère pour embrasser la culpabilité!

Je m’en voulais de m’être fait du mal, d’avoir fait du mal à mon corps, de ne pas m’être respectée, d’avoir fait passer mon travail avant ma santé. Ce fut une grande remise en question : j’étais capable de gérer des équipes, des projets, de conseiller mes clients sur leur challenges fiscaux et je n’étais même pas capable de prendre soin de moi, de prendre soin de ma santé. Tout ce que je faisais m’avait amené au burnout qui est, selon moi, une forme d’auto destruction. J’étais en train de m’auto détruire et je ne m’en étais même pas rendue compte. La colère, l’injustice et l’incompréhension avaient laissé la place à la culpabilité et à la peur. J’avais peur de moi-même et de ce que j’étais capable de me faire. 

Le burnout : la suite

Dans le prochain article, je vous raconterai les autres challenges que j’ai traversés. Je vous expliquerai également ce que j’ai fait pour réussir à sortir du burnout, les livres qui m’ont inspiré et les leçons que j’ai tirées. En attendant, si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas à me contacter. Vous pouvez m’envoyer un message ici. Si vous avez un burnout ou si vous connaissez des personnes qui sont confrontées à un burnout, n’hésitez pas à diffuser cet article. 

Crédit photo : Laura Agusti

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